Hélène Flautre (Europe Ecologie) : « L’ESS au coeur du contrat écologiste pour l’Europe »
jeudi 18 juin 2009
N-S : Quelle est votre position et celle de votre partie par rapport à l’économie sociale et solidaire ?
Hélène Flautre : L’économie sociale et solidaire, en charge de la création d’un « bien commun », fait intrinsèquement partie du projet de l’écologie politique.
Vous vous souvenez sans doute du rapport rédigé par l’eurodéputé Alain Lipietz à la demande de la Ministre de la Solidarité d’alors, Martine Aubry, sous le titre « Pour le tiers secteur. L’économie sociale et solidaire : pourquoi, comment ? », ainsi que du colloque (dont les actes ont été publiés par le GEMA) qu’il avait organisé à Paris, avec le mouvement mutualiste, et dans la perspective de la directive sur « le marché unique des retraites complémentaires », dans le but de promouvoir l’idée qu’une éventuelle complémentaire retraite en capitalisation ne pourrait être conçue que sous forme non lucrative, en la confiant par exemple aux mutuelles.
N-S : Quel rôle celle-ci peut-elle jouer au sein de l’Union européenne ?
Hélène Flautre : Dans la logique de la vision écologiste de l’économie, les candidats d’Europe Écologie (les élus rejoindront le groupe Vert au Parlement européen) soutiennent et défendent les formes solidaires d’entrepreneuriat, sous forme mutualiste, coopérative, associative... comme centrales pour la transformation écologique et sociale de l’économie européenne. Cet engagement est relayé notamment dans la première proposition de notre pilier « Emploi » du Contrat écologiste pour l’Europe, « UN DES LEVIERS ESSENTIELS POUR LA CRÉATION DES EMPLOIS VERTS réside dans l’adoption d’un statut du tiers secteur, créateur d’emplois d’utilité sociale, culturelle et environnementale (crèches, aides aux personnes âgées, éducation à l’environnement, protection et entretien des espaces naturels, réparations…), et le soutien à cette économie sociale et solidaire par le développement d’outils financiers européens spécifiques. »
L’économie sociale et solidaire est donc pour nous un secteur stratégique à la transformation écologique indispensable de l’économie.
N-S : Au sein du Parlement européen, face à une commission qui jusqu’à présent freine la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire, qu’elle sera l’attitude de votre groupe politique ?
Hélène Flautre : Le combat des Verts en faveur de l’économie sociale et solidaire s’est prolongé au Parlement européen à chaque occasion possible. En particulier, lors du vote des directives visant à offrir un statut européen pour chaque branche de l’économie sociale. Mais aussi à chacune des occasions où, en matière financière, il était nécessaire de prendre en compte les spécificités de l’économie sociale (par exemple dans les directives sur les règles prudentielles et la surveillance des institutions financières), ou bien à l’occasion des directives qui spécifiaient les règles spécifiques de représentation du personnel. Les eurodéputés du groupe Verts/ALE ont alors pris contact avec les représentants de l’économie sociale et solidaire, en France ou au Conseil économique et social européen, pour affûter leurs rapports et amendements. Les élu-e-s d’Europe Ecologie siègeront au sein du Groupe Verts/ALE et continueront lors de la prochaine mandature.
N-S : Les organisations représentatives de l’économie sociale et solidaire demandent le création d’un intergroupe de l’économie sociale et solidaire au sein du Parlement européen. Y êtes vous favorable ?
Hélène Flautre : Les candidats Europe Écologie, qui rejoindront le groupe Vert, sont bien entendu favorables à un tel intergroupe qui existait déjà. Il faut reconduire et renforcer cet intergroupe de l’économie sociale et l’étendre à l’économie solidaire, ainsi que rétablir une Unité d’Économie sociale, supprimée en 1999, qui ne devra plus être un appendice de l’Unité des Petites et moyennes entreprises ! Le groupe y travaillera, même si la chiche répartition des « points » décidée par les deux grands groupes, le PPE et le PSE ne nous a pas toujours permis de favoriser directement la création de cet Intergroupe.
N-S : Ces organisations souhaitent aussi, pour que mutuelles, fondations et associations puissent se développer sur les territoires européens, l’adoption de trois nouveaux statuts et cela dans le cadre de la pluralité des formes d’entreprendre en Europe. Quelle sera votre attitude par rapport à cette demande ?
Hélène Flautre : À de nombreuses reprises, les députés européens Verts ont rencontré, en France ou à Bruxelles, les représentants du mouvement français mutualiste, des associations et des coopératives, pour souligner l’importance qu’il y avait à s’associer à leurs pairs d’autres pays membres de l’Union européenne pour faire avancer leurs idéaux et leurs droits, plutôt que de défendre une « exception française ». En retour, nous n’avons cessé d’interpeller la Commission pour faire avancer les directives fixant un statut européen pour les quatre formes de l’économie sociale, celui des coopératives étant à l’heure actuel largement finalisé. Le programme d’Europe Écologie propose « la création d’emplois socialement utiles et non délocalisables, […] notamment par la création d’un cadre législatif développant un tiers secteur européen de l’économie sociale et solidaire s’appuyant sur les associations, les coopératives et les mutuelles ».
Lien utiles pour en savoir plus :
- Programme complet : http://www.europeecologie.fr/programme
- Lien pilier Emploi : http://www.europeecologie.fr/contenu/le-pilier-emploi-* Le site d’Alain Lipietz : www.lipietz.net









